Il pleut, contre la vitre où s’affichent les lettres blanches du mot « Pharmacie », glissent des gouttes d’eau, lourdes, chaudes, sur les briques beiges, les lampadaires, un défilé filmique sous cascade, n’est plus un novembre de suie, celui des ombres innombrables, juste la pluie d’après la tempête, rinçant le paysage, glissant sur les surfaces tendues de la ville, elle vient accomplir sa tâche, la grande laverie du récent chaos, dans ce « jamais l’oubli » qu’on se doit, qu’on doit à la litanie des visages amis, mais qu’à nouveau le flux, une énergie de résistance, le chassé-croisé du mouvement, en rideau de pluie, ont ce tombé des jours nécessaires et laissent filer, imperturbables, des jets de nacre, qui irriguent les pores, rouvrant les fermetures, et conspirant à la joie d’être là, arrêtée sous la manne céleste, le visage renversé, offert, savoir qu’enfin pour soi ces perles de lumière qui donnent à la ville son allure d’un Noël, qu’on en avait besoin de cette fête aux balcons, tuilage d’écailles chatoyantes sur les toits d’ardoise, les murs gonflés de grège présence, singing in the rain , soie des images qui font renaître le sourire, remonter le film, sans plus de défenses qu’un nu innocent du premier jour, faisant allégeance au pommeau généreux, claquettes redondantes de ces cristaux qui crépitent sur le sol dallé, le corps danse sous le porche royal, qu’un rayon de soleil ce serait arc-en-ciel, mais que même sans, c’est déjà la vie, peau délassée, épaules redressées, les immeubles sous la nappe vivifiante, le matin d’après, l’heure défile, flots de secondes, ce qu’un ruissellement fait aux feuilles de nénuphars qui se subdivisent, se multiplient, reconstituant une surface à l’étang, l’exacte surface, qui, dans cette onde qui brille par intermittences sur le fil continu, sous la douche te rejoint.


Messages
1. il pleut, 26 novembre 2015, 09:10, par Domnique Hasselmann
La douche après Daech.
Rideau (de fer) !
Voir en ligne : Métronomiques
2. il pleut, 26 novembre 2015, 11:31, par christine simon
oui Daesh et la dèche,
mais on peut se remettre en terrasse et boire une bière avec les amis
ou lire un bouquin