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comment rester immobile quand on est en feu

Découvert Claro, il y a quelques années sur France Culture, il y parlait de traduction, les grands Américains. Vraiment lus, Madman Bovary chez Babel, puis récemment Crash-Test chez Actes Sud, et ce Comment rester immobile quand on est en feu, dédicacé « Pour Lulu la Panthère ». Il en a emprunté la phrase-titre du volume au roman de Vanessa Veselka, Zazen, traduit par Anne-Sylvie Homassel et paru dans la collection Lot 49 au cherche midi éditeur. Il dit qu’en fait la phrase figure aussi dans son dernier roman paru et qu’il l’a utilisée à Aubervilliers et à Marseille. C’est donc un larcin assumé.

Claro, c’est pure coïncidence du monde underground et du style, du fort au percolateur. On ne peut qu’apprécier.

comment rester immobile quand on est en feu
Claro
Editions de l’Ogre


tu veux
non pas chanter le monde l’hymne le pied tordu
mais le déchanter l’exclure de son ouvrage
allons personne jamais n’a cru aux redingotes
aux cercueils de verre à l’imminence du parfum
donc : le déchanter
l’abîmer le réduire en fractures
comme un ciel plié en quatre puis rangé sans vergogne
dans la crique où clapotent les hérésies
ne ris pas ne pousse pas ainsi du coude dans le vide
ce qui constitue ton unique apport à la foi
le monde t’insupporte atlas hercule bossu
il fait tache au buvard que tu ponces
tout cela ces manœuvres cette fraîche passion
ce détour de la main qui s’attache à autrui
ce goût de l’alpague et de l’intimidation
ces fruits sans jus

oh le fin taffetas des galaxies
où tes ciseaux vont et viennent
------------la chair cuivrée résonne
------------encore au petit matin

mais un matin ne saurait être petit ou grand large ou
étroit gros ou maigre a et b il n’est pas de millimètre avec lequel on pourrait mesurer ce qu’en temps normal
un écart du pouce et de l’index toise à l’abri des soleils
l’eau voilà un exemple une preuve l’eau
qui cingle et lie puis roule et lave sans
jamais s’absenter de la musique du vent
inquiète et pourtant consentante
l’eau sa parole immense
sur laquelle ta main toujours affleure
l’eau une leçon une grande machination
devenue un tout sans que jamais
s’y perde un détail
la goutte l’eau------------ écran d’une trop fluide télévision
aux ébranlements sans cesse retransmis par la peau
tonnes de marbre transparent sous lesquelles
------------s’absente le noyé
------------qui t’a remplacé
te voilà groggy soulevé emporté
le combat a déjà commencé

[...]

d’autres
détachent le bourrelet crépusculaire du plat de l’horizon
ce sparadrap possiblement pictural qui laisse
rouge tout ce qu’il arrache
je ferai mieux je deviendrai
projet plan multitude de plans cathédrale d’états tout
sauf passagers
bon d’accord on ne se refait pas mais
je veux changer ô comme je veux changer boire le
changement dans la coupe de tes mains
apprends-moi l’intoléré file-moi la clé du bahut le cou du
lapin et accidente-moi


écrit ou proposé par Christine Simon
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne le 14 avril 2016 et dernière modification le jeudi 14 avril 2016
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