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	<title>le point imaginaire</title>
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	<description>po&#232;mes, bribes de romans, projets d'&#233;criture, citations d'auteurs, photos, art contemporain</description>
	<language>fr</language>
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		<title>devreux, depuis le placard</title>
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		<dc:date>2024-04-07T09:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>christine simon</dc:creator>


		<dc:subject>georges devreux</dc:subject>
		<dc:subject>arnaud desplechin</dc:subject>
		<dc:subject>jimmy picard</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;de jimmy p., psychoth&#233;rapie d'un Indien des plaines&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;lecture, th&#233;&#226;tre, etc&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?mot98" rel="tag"&gt;georges devreux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;arnaud desplechin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?mot100" rel="tag"&gt;jimmy picard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://christinesimon.fr/local/cache-vignettes/L137xH186/jimmy_p-0a8f4.jpg?1787646151' width='137' height='186' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;jimmy p., psychoth&#233;rapie d'un indien des plaines&lt;br class='autobr' /&gt;
arnaud desplechin&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Elle est dans la rue, il pleut, presque en face de l'Ecole pratique des hautes &#233;tudes, &#224; Paris, c'est il y a longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;goulinante, elle entre dans une salle de cours se mettre &#224; l'abri.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est l&#224; avec d'autres &#224; trier les dossiers d'&#233;l&#232;ves.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle, &#233;tudiante am&#233;ricaine, inscrite en philo et en religion, ne sait rien de lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la fin de la s&#233;ance, il lui propose d'aller boire un pot au caf&#233; pas loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il lui pose trois questions, celles que, para&#238;t-il, il pose &#224; tous ses &#233;tudiants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a oubli&#233; les deux premi&#232;res ; la troisi&#232;me, c'est : &#171; Qui est dans le placard ? &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
A celle-l&#224;, elle se souvient avoir r&#233;pondu : &#171; Toi &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et lui &#171; C'est d'accord, je vous inscris &#224; mon cours &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Mais je n'ai pas postul&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle suivra son enseignement plusieurs ann&#233;es durant.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui tra&#238;ne dans ma t&#234;te en allant voir ce film de Desplechin, et finalement, oui, c'est bien lui qui est dans le placard, tout au long du film, Devreux, on n'apprend gu&#232;re sur lui, mis &#224; part son vrai nom, Gy&#337;rgy Dob&#243;, d'origine roumaine (renomination du nom &#171; Deutsch &#187;, port&#233; par son p&#232;re et sa m&#232;re juive), ses amours adult&#233;rines, son tropisme &#224; vouloir &#233;pouser une riche am&#233;ricaine, son d&#233;sir d'&#234;tre un ethnopsychologue, m&#234;me si la France a &#233;mis des r&#233;serves sur sa capacit&#233; &#224; pratiquer l'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Jimmy Picard, un indien qui vit dans une ferme, qui ne sait pas grand-chose de sa culture native, tente avec Devereux de comprendre le sens de ses violents maux de t&#234;te, qui le mettent &#224; terre et l'emp&#234;chent de vivre au retour de la guerre, il ne sait pas qu'il part pour un pays sans dieu, sans religion de consolation, mais accepte de se confier &#224; ce psy peu orthodoxe, sans doute parce qu'il se sent respect&#233; par lui. La technique de travail &#224; la Devreux, c'est l'implication, il assume cette position non neutre, presque amicale, jusqu'&#224; la fin du transfert, quand l'indien est enfin capable de s'opposer &#224; lui, sortant de sa f&#226;cheuse habitude d'&#234;tre l&#226;che face au blanc, comme d'ailleurs il est aussi l&#226;che face aux femmes, sa m&#232;re, sa s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re question est pour son nom originel en &lt;i&gt;BlackFoot&lt;/i&gt;, qui signifie &#171; celui dont tout le monde parle &#187;, bien trouv&#233; pour un homme revenu du front en France, et que les m&#233;decins du Winter Veteran Hospital de Topeka au Kansas examinent par tous les bouts, cherchant collectivement &#224; r&#233;soudre son &#233;nigme. Ils finissent par faire venir cet anthropologue quand leur approche traditionnelle n'a rien donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera la premi&#232;re ethnopsychanalyse de Devreux, et probablement la premi&#232;re &lt;i&gt;ever&lt;/i&gt;, dont il r&#233;digera une monographie au titre &#233;ponyme de celui du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'homme r&#234;ve &#224; un camion, une plante, une femme, Devreux, lui, demande la marque, l'esp&#232;ce, la signification de son pr&#233;nom en indien. Il pose des questions d'anthropologue, cherchant &#224; &#171; indexicaliser &#187; (au sens de Garfinkel) le discours de son patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jimmy P. grandit entour&#233; de femmes fortes qui l'&#233;l&#232;vent &#224; la dur et de petites filles puis femmes qu'il aime et qu'il laisse mourir sans qu'il ait rien pu faire pour les sauver. Le drame d'enfance, une petite fille prise dans la glace et lui, petit, n'ose pas se mettre en danger pour lui venir en aide. Le drame adulte, une femme qu'il aime, retrouv&#233;e apr&#232;s un long malentendu, mal op&#233;r&#233;e &#224; l'h&#244;pital, dont il apprend la mort par hasard. On suit le fil non lin&#233;aire d'une psychanalyse qui aborde les questions traditionnelles de la psy, sexualit&#233;, paternit&#233;, place dans la famille, mais tout autant les rapports de pouvoir entre blancs et Indiens, entre hommes et femmes, sans mythification du &lt;i&gt;native american&lt;/i&gt;, sans culpabilit&#233; du blanc. Juste une intense curiosit&#233; pour ce destin qui b&#233;gaie, l'&#233;trange &#233;tranget&#233; d'un &#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un joli moment, une de ses amantes venue rejoindre Devreux, r&#233;sume son travail par un empilement de poup&#233;es gigognes, l'&#226;me dans le c&#339;ur dans l'esprit dans le corps dans la personne, et on se demande ce qu'est cette instance du c&#339;ur entre l'&#226;me et l'esprit, comme si l'&#226;me m&#233;ritait une double coque, tant elle est fragile. Et on comprend que Devreux soigne les maladies de l'&#226;me avant tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Int&#233;ressante aussi, l'offre faite par les m&#233;decins de l'h&#244;pital &#224; Jimmy P. de devenir assistant psy, et comment il commence &#224; s'emparer du vocabulaire professionnel en recourant au mot &#171; complexes &#187; ; son psy, qui, au d&#233;but, s'&#233;tait content&#233; de dire &#224; ses coll&#232;gues qu'il n'&#233;tait pas atteint de schizophr&#233;nie, finissant par lui donner un diagnostic sur son cas, comme une conclusion, quand Jimmy s'en sort enfin. On devrait toujours donner le diagnostic &#224; la fin quand le patient sait y faire avec son sympt&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Devreux, on n'en apprend pas beaucoup plus, qu'on aimerait en savoir davantage sur son travail avec les Am&#233;rindiens mohaves et sur les bifurcations de son destin entre USA et France, un grand film sur lui reste &#224; faire. Mais la relation est r&#233;ussie de ces ann&#233;es pass&#233;es au Kansas, de ces entretiens, de la vie psychique de Jimmy, beau, le traitement de la c&#233;cit&#233;, des r&#234;ves, et cette sensation que le r&#233;alisateur s'identifie davantage au patient qu'&#224; son psy, belle interpr&#233;tation aussi des acteurs, dans un film de Desplechin, qu'on aime sans arri&#232;re-pens&#233;e pour une fois.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Affiche du film&lt;br class='autobr' /&gt;
jimmy p., psychoth&#233;rapie d'un indien des plaines&lt;br class='autobr' /&gt;
arnaud desplechin&lt;br class='autobr' /&gt;
avec benicio del toro, mathieu amalric&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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