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	<title>le point imaginaire</title>
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	<description>po&#232;mes, bribes de romans, projets d'&#233;criture, citations d'auteurs, photos, art contemporain</description>
	<language>fr</language>
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		<title>papillon dans les herbes hautes</title>
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		<dc:date>2025-08-21T16:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>christine simon</dc:creator>


		<dc:subject>lieu aux lois physiques inconnues</dc:subject>
		<dc:subject>christine laquet</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;nouvelle&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?rubrique69" rel="directory"&gt;my first ray's day&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?mot319" rel="tag"&gt;lieu aux lois physiques inconnues&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette nouvelle est ma contribution au Ray's Day &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://raysday.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Ne suis pas s&#251;re que j'ai respect&#233; la contrainte, ceci est plus une &#233;criture qu'une lecture, mais voil&#224;. Voir le site de Neil Jomunsi &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://page42.org/rays-day-2015-un-jour-pour-partager-son-amour-de-la-lecture/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; pour en savoir davantage.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://christinesimon.fr/local/cache-vignettes/L407xH293/christine_laquet-bb6bb.gif?1775368991' width='407' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La femme n'avait pas de bleu &#224; l'&#339;il, pourtant elle &#233;tait tomb&#233;e dans l'escalier, certaines femmes ont une grande propension &#224; tomber dans les escaliers, non qu'elles soient maladroites, mais elles ne s'attendent pas toujours &#224; la pouss&#233;e subie ni &#224; la gravit&#233; qui en r&#233;sulte, dans le cas de cette femme, c'est le vide qui l'avait attir&#233; comme par sortil&#232;ge, rien &#224; voir avec la profondeur de la cage d'escalier, ce qui l'avait fait plonger, c'&#233;tait ce quelque chose d'un vortex au fond, un flux d'air violet et noir, qui tournait sur lui-m&#234;me, mais jamais dans le sens attendu, ou plut&#244;t tant&#244;t dans un sens, tant&#244;t dans l'autre, fabriquant une aspiration brouill&#233;e mais puissante, que seul un maintien &#224; une rambarde robuste permet de d&#233;fier, il n'y avait pas eu rambarde pour y r&#233;sister, que le bord d'un ab&#238;me sans parapet au-dessus du ph&#233;nom&#232;ne karstique, cr&#233;ant ce vertige de soi qu'elle avait &#233;prouv&#233;, bras tendus vers l'inconnu, &#233;motion perceptible par le tremblement des jambes, une soudaine faiblesse, l'envie de survoler, et la minute suivante, ayant perdu toute boussole, elle s'&#233;tait comme dilu&#233;e dans l'obscurit&#233; du trou noir, son corps s'allongeant en spectre d&#233;form&#233; par le courant, s'enroulant en spirales contrari&#233;es, qui la r&#233;duisait de plus en plus &#224; sa forme la plus plate mais confuse, celle susceptible de glisser dans la bonde effrayante, elle s'en approchait, &#231;a y est, elle avait pass&#233; le seuil, et s'&#233;tait retrouv&#233;e dans un vide abyssal, le grand gouffre froid et br&#251;lant &#224; la fois, un enfer de glace et de flammes, sans m&#234;me un diable pour y habiter, un espace aux lois physiques inconnues, le lieu de l'invisibilit&#233; quand on s'y trouve, celui de l'absolue disparition, ce lieu qu'on appelait N.L.C., elle se souvenait l'avoir pens&#233;, tiens, c'est &#231;a le N.L.C., presque curieuse, et cette pens&#233;e l'avait r&#233;veill&#233;e, lui avait fait prendre conscience du fond calcaire sur lequel elle avait rebondi plusieurs fois dans un son mat, elle remontait presque en apesanteur mais toujours retombait violemment, elle avait senti son c&#339;ur cogner en elle, emport&#233;e et projet&#233;e sur les roches de tuf qui jonchaient le fond, elle avait cru son dernier instant arriv&#233;, jusqu'&#224; ce qu'elle heurte un objet de bois, qui avait fait ce bruit diff&#233;rent qui l'avait alert&#233;e, tentant de s'y arrimer, se maintenant, s'aplatissant de toutes ses forces sur le sol, cette fois-ci elle n'avait pas rebondi, d&#233;couvrant une trappe et sa poign&#233;e, elle s'&#233;tait accroch&#233;e, et l'avait ouverte avec cette force du d&#233;sespoir qu'on a dans les moments les pires de nos vies, et dans un acte r&#233;flexe elle avait saut&#233; dans le petit bassin qui &#233;tait apparu, dans une sorte de grotte aux reflets d'or chatoyant sur la muraille, une eau pure affluant vers une rivi&#232;re souterraine semblant chercher sa r&#233;surgence, elle avait fait confiance, suivi le cours de l'eau vers un point lumineux qu'elle distinguait un peu plus loin, et tout &#224; coup &#233;tait sortie &#224; l'air libre, sous un soleil paresseux d'apr&#232;s-midi, elle avait d'abord &#233;t&#233; &#233;tonn&#233;e du silence et de l'immobilit&#233; du paysage, puis faisant la planche et dressant l'oreille, elle avait reconnu ici le chant d'un coucou, l&#224; le ton gouailleur d'une colonie de canards, puis nageant vers le rivage, elle avait peu &#224; peu isol&#233; bruissements d'ailes, craquements d'arbres, chuintements d'&#233;cureuils, fondus &#224; l'insu de leurs auteurs dans un concert dont elle percevait chaque harmonique, ayant rejoint la berge aux mille teintes de vert, elle en go&#251;tait chaque d&#233;tail allong&#233;e dans une prairie en pente douce, fleurs des champs et champignons, papillon dans les herbes hautes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;christine laquet&lt;br class='autobr' /&gt;
collection personnelle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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