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	<title>le point imaginaire</title>
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	<description>po&#232;mes, bribes de romans, projets d'&#233;criture, citations d'auteurs, photos, art contemporain</description>
	<language>fr</language>
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		<title>mon ab&#233;c&#233;daire</title>
		<link>https://christinesimon.fr/spip.php?article554</link>
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		<dc:date>2018-02-24T19:25:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>christine simon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;t comme triste&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?rubrique75" rel="directory"&gt;ab&#233;c&#233;daire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B comme b&#233;r&#233;chit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;la deuxi&#232;me lettre de l'alphabet en h&#233;breu et on est &#224; soi-m&#234;me son propre h&#233;breu on entre dans l'antre mettre dans la poche noire ce qui ne saurait se r&#233;duire &#224; une imitation tant d'autres grands ont &#233;crit leur ab&#233;c&#233;daire, alors on veut en faire myst&#232;re tant qu'on n'est pas au bout de ses mots ici on skippe le A l&#224; que tout commence l'avant est le point d'origine perdu dans le tableau comme l'est le point de fuite mais pas dans le futur de la peinture il n'annoncerait rien de toutes mani&#232;res on n'a pas fui on a juste avanc&#233; et lui est devenu la trace lointaine d'un arbre de bordure de nationale dans le r&#233;troviseur on se retrouve debout on na&#238;t au salut des copains &#224; la mont&#233;e dans le train dans les bras de celui qui vous fauche peut-&#234;tre ce qui nous fait advenir ou &#231;a quand on est un quidam libert&#233; des dessous de draps dans la grande ville berechit se croire allog&#232;ne comme si jamais prise dans la matrice on se trompe on ne fait que succ&#233;der mais peut enfin d&#233;marrer la suite ainsi quand on fait le tri dans l'ab&#233;c&#233;daire on trie les mots dans le tamis qu'on voudrait de hasard comme si c'&#233;tait possible&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B comme bambou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;de l'art de le choisir quand il devient trapu, de le d&#233;shabiller pour n'en voir que le tronc, de le nouer ensuite, le n&#339;ud cach&#233; dedans, sous la triple &#233;pissure, que le bambou serait un art, une m&#233;taphore, un monde entier en soi, ses accommodations, qu'il emm&#232;ne r&#234;ver, qu'il donne &#224; s'&#233;chauffer, jusqu'aux pousses qu'on d&#233;guste, et derri&#232;re la mati&#232;re la trace d'une Asie&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B comme barri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;back to b un jour la barri&#232;re prend l'allure orange de l'antirouille on y grimpe on se penche pour voir plus loin brouhaha le pays des ouvriers retentit du m&#234;me quelque chose vu au journal t&#233;l&#233;vis&#233; un homme sur les toits d'une universit&#233; et ici les hommes &#224; casquettes militant au carrefour juste au pied du Cr&#233;pont on n'a pas l'&#226;ge de quitter l'all&#233;e juste de regarder ils s'approchent et murmurent dis petite donne-nous du tissu de coton blanc dis petite donne-nous les bouteilles vides qui tra&#238;nent dans ta cave et on s'ex&#233;cute il s'agirait d'une op&#233;ration na&#239;ve l'apprentissage vient par les pieds dit Sebastian Haffner on apprendra plus tard mais ici on d&#233;couvre les pr&#233;paratifs d'un feu de barricade on obtemp&#232;re puis on se retient quand ils demandent de l'essence on devine Molotov irruption du r&#233;el jadis feux de Bengale bombardiers les corps la terre ravag&#233;e alors &#231;a cogne on fait non de la t&#234;te mais le soir on fr&#233;mit de savoir que l'un d'entre eux est mort quelque part dans la ville cette seconde &#224; treize ans quand on se reconna&#238;t politique mais du lointain continent de la non-violence une Inde inspirante on d&#233;clare ce jour-l&#224; ne vouloir jamais de ces guerres des hommes&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C comme co&#239;ncidence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;parmi les &#233;v&#233;nements qu'il nous arrive combien r&#233;sonnent comme co&#239;ncidences tr&#232;s peu mais ce sont ceux-l&#224; sur lesquels on s'empresse de projeter notre app&#233;tit de sens apr&#232;s qu'on a enterr&#233; dieu que la co&#239;ncidence serait la surface qui dit notre angoisse et notre envie de r&#233;paration que la simple existence du mot ouvre au monde de la n&#233;cessit&#233; de croire et qu'&#224; cet endroit ne peut r&#233;pondre qu'une respiration profonde une sourde all&#233;gresse tendant vers le r&#233;el une renonciation &#224; prendre l'al&#233;a pour le vrai le m&#233;andre pour le fleuve transitoire lacet qui ne d&#233;vie pas la fl&#232;che g&#233;n&#233;rale on y perd un peu de notre temps mais on peut toujours la laisser sur le bord du courant bornant le trajet de nos m&#251;rissements&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D comme doutes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;la tartine n'est pas beurr&#233;e au petit d&#233;jeuner de l'enfance on &#233;cope l'eau de rien on est h&#233;sitant dans le paysage d'usine la sculpture qu'on a en soi est &#233;branl&#233;e on n'a que la main raide dans le gant de veau mais on s'appuie sur l'humour d'un regard qui insiste m&#234;me &#224; d&#233;couvert &#224; pied sec sur la gr&#232;ve le doute mais jamais compl&#232;tement qu'un Proust nous retourne le cheval en chemin de Damas on peine rien n'est acquis on va pi&#232;tre mendiant pauvret&#233; de nos syllabes chaque jour la liste de nos mots les tentatives sempiternels aveux d'incertitude jusqu'&#224; la muraille o&#249; se cachent nos cl&#233;s et nos poires pour la soif on finit toujours par y trouver la source et on repart&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D comme danse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;donne ta main, approche-toi, les corps se rapprochent, on dit danse de salon, on devrait dire Je t'aime, du regard on se touche et sur le son on bouge, le corps-&#224;-corps transforme le face &#224; face en dyade, cet instant o&#249; s'oublie qu'on est un, qu'il est autre, fusion des chaleurs, cette l&#233;g&#232;re transpiration des sens dans l'espace o&#249; ne vit que l'impact des peaux, danser nus pr&#232;s du lit, ce sont prol&#233;gom&#232;nes &#224; la m&#233;taphysique &#224; venir, nous devient l'&#233;criture, son ombre sur le mur&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E comme &#233;chapp&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On avait compt&#233; les r&#233;gressions, jour apr&#232;s jour, on percevait l'&#233;cart, la toujours plus grande difficult&#233; &#224; ce qu'un dire fasse corps pour tous, chacun criait dans sa cit&#233;, on l'avait senti. Mais tout &#224; coup, notre multitude est prise au lasso de quelques-uns ; on sentait que d'eux viendrait le pire, peut-&#234;tre &#171; mal &#187; est le mot pour dire. Alors, notre &#233;chapp&#233;e, jardin, maison, librairie, prend d&#233;sormais le sens qu'on n'aurait su plus t&#244;t deviner, ou qu'on a au contraire trop bien pressenti, la n&#233;cessit&#233; non de fuir mais de rejoindre les vignes, les for&#234;ts, d'&#339;uvrer dans le huis-clos des travaux et des jours, en respirant la terre, en &#233;coutant le carillon sonner le lieu serein.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;F comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;G comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;H comme hirondelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;On les compte sur le fil, les hirondelles, elles s'alignent pr&#234;tes pour l'envol, on les aime pour leur libert&#233;, elles s'&#233;chappent, et dans le po&#232;me elles r&#233;sistent &#224; Ponge ou s'effleurent en comptine d'une Louise. Quand d'un repli de l'aile elles basculent ne laissant au regard que ce profil&#233; du vol qui fuit &#224; l'horizon, elles deviennent &#233;criture, juste un d&#233;li&#233; mais leur encre jamais ne s'ass&#232;che. Plongeant d'un toit imaginaire, on leur voit des traces dans la neige, faudrait leur mettre des moufles aux hirondelles, un cache-nez, un manteau, les emmitoufler pour les prot&#233;ger de l'hiver, parce que la vie dure, la vie est dure quand on a part dans le grand monde, mais sans cette gr&#226;ce d'&#233;ph&#233;m&#232;re que quelque plume abandonne, qu'aurait la phrase pour durer, qu'aurait le po&#232;me pour exister, qu'aurait ce texte pour advenir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I comme iris&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;t&#234;te de poup&#233;e alti&#232;re, sage comme une image, &#224; l'or&#233;e du po&#232;me, mon bel iris sauvage, cueillez-moi des jeunes filles et des iris bleus &#224; l'ombre des charmilles, la seule complication, c'est sa forme, les pelures de couleur les unes sur les autres, les petites peaux grises fan&#233;es qui collent aux p&#233;tales, des peaux comme des voiles d&#233;licats, comme cela, tout doux, on en verra la trace dans le bleu de la mer, au bord de ces falaises en haut de Cadaqu&#232;s, in memoriam, on ne peut que planter des iris, seulement des iris, beaucoup, plein, &#233;norm&#233;ment d'iris, et attendre de nouveaux printemps&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J comme jazz&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;parti sans laisser d'adresse ou plut&#244;t que l'adresse se perde dans le solo qui nous envole &#231;a la peur qu'on resterait peut-&#234;tre quelque part l&#224;-haut en voix de t&#234;te parce que la musique &#233;tait si conventionnelle harmoniques au carr&#233; &#224; domicile alors qu'on ait voulu la dissonance d&#233;but d'une libert&#233; &#231;a le jazz qu'on peut chanter autrement et que la folie ou le d&#233;sespoir peuvent s'y glisser en toute impunit&#233; qu'on oublierait le quotidien l'attente au bout du chemin et la n&#233;cessit&#233; de l'obsc&#232;ne r&#233;alit&#233; &#231;a qui fascine aussi plus tard chez les artistes faire ce qu'on veut pour soi on admire cette fid&#233;lit&#233; &#224; l'essentiel dans l'obstination et la constance ne pas se laisser d&#233;tourner on va insister insister en se disant qu'au bout du saut l'eau n'an&#233;antit pas l'autre rive et les paniqueurs de tous poils ne sont que nos propres fausses vigies qui fourvoient il y a une terre l&#224;-bas juste la penser faire ses gammes et m&#234;me s'il n'est pas parfait le solo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L comme lumi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;nur Licht, seulement la lumi&#232;re, seule l'huile pure de la lampe permet d'&#233;clairer, chacun regarde sur ses ongles les reflets de la flamme et croit qu'il la d&#233;tient, mehr Licht, a dit le po&#232;te, davantage de lumi&#232;re, et soi avide de s'en nourrir ; d&#233;licate &#224; l'aurore, elle n'est plus qu'&#233;crasement au soleil de midi, l'envie d'en r&#233;chapper, apr&#232;s tant la vouloir, on finit par la craindre ; cerne la v&#233;rit&#233;, puis l'&#233;chauffe, la dilue, jusqu'&#224; ne plus montrer, alors on la fr&#233;quente comme un vieux rendez-vous et son remerciement&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M comme machine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;toujours on a vu l'&#233;tabli et son &#233;tau forg&#233; &#224; l'ancienne qu'accompagne l'odeur de sueur d'huile de peinture ne se raconte pas l'histoire d'un ouvrier mais d'un concepteur quelqu'un qui attrape la m&#233;canique du dessus qui forge ses outils qui pense avant les mains au plus intime de qui m'a appris &#224; aimer m&#234;me dans ses gestes brouillons &#231;a sentait bon l'&#233;chauff&#233; du m&#233;tal on y puisera ses objets d'amour il y faut ce sch&#233;ma subtil la double entr&#233;e le verbe l'action et son d&#233;clic m&#233;tallique comme &#231;a qu'on s'est toujours fait emboutir comme &#231;a qu'on aime cela va de la r&#233;paration de moto la jeep chemises kakis d'un &#233;t&#233; le changement du moteur de 4L passage aux hauts-fourneaux laminoirs aciers plats un marin aussi en bleu de chauffe puis imperceptiblement on quitte la m&#233;canique pour la technique d&#233;sincarn&#233;e on travaille des ann&#233;es &#224; faire la robot Shiva parant au plus press&#233; ou comment se faire m&#233;caniser on finit par comprendre l'urgence de suspendre en pas de c&#244;t&#233; se d&#233;sincarc&#233;rer que la technique n'est pas pure mais prise dans des rapports de lutte de classes qu'elle nous p&#233;trifie telle la M&#233;duse &#224; trop la contempler alors on la quitte on se rabat sur la machine on l'aborde en libert&#233; dans un rapport s&#233;mantique on se fait machine en mots pour &#234;tre respir&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N comme nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;la nature, &#231;a n'existe pas, l'environnement non plus, &#231;a ne nous entoure pas, on est dedans, alors quoi, quel mot pour dire la symbiose ou l'&#233;tranget&#233;, deux sentiments qui nous occupent quand on vit l&#224; o&#249; les premi&#232;res fleurs du p&#234;cher de vigne, le parfum des daphn&#233;s qui s'ent&#234;te, le trac&#233; en huit des abeilles, le r&#233;cit matinal du merle, la crainte d'une temp&#234;te, le dard d'un arc-en-ciel qui vient fr&#244;ler la terre, on ne se vivra plus passager clandestin, on devient jardinier, soi, faune et flore, dans le m&#234;me paysage&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;O comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;P comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Q comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;R comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S comme swing&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;l'entre-deux entre joie d'une Lib&#233;ration et mur d'arri&#232;re-pays l'&#233;poque contient sa m&#233;lancolie mais le rythme aussi la force du swing un peu d'Am&#233;rique et on s'aper&#231;oit qu'on en est le produit on y puise une d&#233;testation de la F rance on n'aime pas les petites m&#233;disances les nantis sup&#233;rieurs non plus sa crise naissante on veut prendre la route un technicien du terroir se pr&#233;sente peut-&#234;tre qu'avec un autre mais rien &#224; retenir de cette 2CV sur les bords du canal en rentrant charg&#233;e des draps rouges passant pr&#232;s de la petite maison on apprend la mort du pr&#233;sident comme &#231;a qu'on sait dater jour et heure la formalit&#233; &#231;a ne marque pas peut-&#234;tre choisi pour &#231;a justement pour qu'il ne barre pas la suite de soi on aurait pu rester l&#224; on prend la grande tangente on a le swing en soi&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S comme solitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;comment en nait le sentiment, est-ce la litt&#233;rature dans le huis-clos de la lecture qui en aurait accru la pr&#233;gnance, ou le sait-on de longtemps que l'appel du regard, les mains tendues en vain nomment la but&#233;e d'un monde indiff&#233;rent, barri&#232;re qui jamais ne c&#232;de, et puis zip, c'est l'ouverture-&#233;clair, moments de pl&#233;nitude, coups de fil chaleureux, un amant, un enfant, et on sait que la solitude n'est qu'&#233;tat transitoire, &#233;tape d'un r&#233;cit qui nous accompagne, l'histoire de nos rencontres, la forme de nos &#233;changes, ce qu'on s'en dit, le quant-&#224;-soi du quant &#224; nous&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S comme seuil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;on touche parfois ces seuils de soi o&#249; la porte appara&#238;t, quelque chose de visible, de d&#233;coup&#233; dans l&#8216;espace, l&#224; o&#249;, le plus souvent, on fr&#244;le en vain la face lisse des parois int&#233;rieures en qu&#234;te d'ouvertures, ce sentiment qu'enfin on peut p&#233;n&#233;trer le for inf&#233;rieur, les ramifications du labyrinthe, que clignote une autorisation, et m&#234;me qu'elle peut prendre sa forme litt&#233;raire. &lt;br class='autobr' /&gt;
quant au courage, comment se faire une carapace, dans le lieu de sa nudit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T comme triste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;surtout dans &#171; passion triste &#187;, humidit&#233; qui englue la vie en soi, elle commence comme un ravage sec, irritant, suspendant la respiration, puis s'installe en mar&#233;cage envahissant, dont acte, puis on part faire un tour, on cherche &#224; la fuir sans pour autant effacer le savoir qui l'a provoqu&#233;e, mais on la fuit pour l'emp&#234;chement qu'elle charrie en soi, on la reconna&#238;t chez les autres et chez certains on admire leur art &#224; l'effacer comme on ratisse le sable du jardin zen, pour soi la promenade et la rencontre viennent redonner la clef de sol au for int&#233;rieur, le mar&#233;cage dispara&#238;t sous terre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;soi ne la porte plus, mais pas comme avant&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;U comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V comme vitesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;bien s&#251;r on aime l'&#233;cho du mot en soi laisse sa tra&#238;n&#233;e de poudre pourtant on arrive en prenant son temps quinze heures c'est apr&#232;s que les choses se pr&#233;cipitent on ne ma&#238;trise plus rien alors on se met &#224; courir personne pour vraiment arr&#234;ter la peur on se d&#233;couvre l'impatience au moment de ronger le frein de l'enfance on a toujours un an d'avance mais qui ne sert &#224; rien on appuie sur le champignon des initiations en tous genres la vitesse gagne la musique on d&#233;barque &#224; vingt ans persuad&#233; que et c'est le mur face &#224; la premi&#232;re chambre lou&#233;e trop vite on aime d&#233;passer la vitesse autoris&#233;e mais on est limit&#233; par le moteur et l'&#233;tat de la route alors on apprend la patience mais ne pas confondre avec ob&#233;issance celle-l&#224; on va laisser tomber on ne veut plus se censurer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;W comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;X comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Y comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Z comme&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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