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	<title>le point imaginaire</title>
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	<description>po&#232;mes, bribes de romans, projets d'&#233;criture, citations d'auteurs, photos, art contemporain</description>
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		<title>le sas</title>
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		<dc:creator>christine simon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;vous entrez&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;feuilleton volte-face d'anne savelli&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://christinesimon.fr/IMG/jpg/img_0024-r90.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://christinesimon.fr/IMG/jpg/img_0024-r90.jpg?1584492173' width='500' height='669' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous entrez dans une zone de perturbation sensorielle &#187;, c'est le message qui sort de la tour noire pos&#233;e &#224; l'entr&#233;e du sas, &#171; vous entrez dans une zone de perturbation sensorielle &#187;, la phrase tourne en boucle, une voix de femme, grave, peut-&#234;tre le seul rep&#232;re donn&#233;, un rep&#232;re qui n'en est pas un, un rep&#232;re qui dit qu'on n'en aura pas d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est pr&#233;venu que le sas plonge ses visiteurs dans une sorte de flou destin&#233; &#224; cr&#233;er le vide int&#233;rieur. Pens&#233; qu'il s'agit de faire tabula rasa, de provoquer le coupe-circuit des r&#233;seaux neuronaux, d'entra&#238;ner l'amn&#233;sie, l'aperception, l'arythmie, l'aveuglement aussi, par une s&#233;rie de dispositifs cach&#233;s. Et peut-&#234;tre le chaos davantage que le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se saisit alors d'un outil mental, on construit tr&#232;s vite un palais du sens, des cases de compr&#233;hension, o&#249; viendront se glisser les d&#233;couvertes, comment r&#233;sister &#224; l'affolement des sens, sinon par une rigueur de l'esprit, un m&#233;ta-syst&#232;me qui construit sa loi, dans l'univers d&#233;stabilisant qu'on nous pr&#233;pare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perturbation &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien pu voir, juste peut-&#234;tre, au d&#233;but, une silhouette grise, &#224; quelle distance on ne saurait dire. Au bout de quelques secondes dans le sas, un brouillard s'est lev&#233;. Blancheur sortie des murs. On se met &#224; humer, mais la bu&#233;e ne sent rien, elle n'est m&#234;me pas humide, au contraire, si on doit tenter de nommer, on dirait brouillard sec, qui se d&#233;veloppe en volutes de plus en plus denses. On a peur de suffoquer. Pourtant ce n'est pas de la fum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tressaille, on se heurte &#224; quelque chose, m&#234;me pas distingu&#233; dans le magma&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Point de d&#233;part du texte, une &#339;uvre d'Ann Veronica Janssens, brouillard, vue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;blanc, mains tendues d'instinct, tentant de limiter l'effet du contact, mais le renfor&#231;ant dans le m&#234;me mouvement, la peau chaude, la r&#233;sistance des os, le tissu du v&#234;tement, de la soie, quelques parties molles, les seins, peut-&#234;tre le ventre, cette sensation que les mots sont plus lents &#224; atteindre le cerveau quand le regard manque, on happe l'air, corps effac&#233;, bient&#244;t effac&#233; comme souvenir m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision, pas d'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pens&#233;e qu'il s'agit de nous former &#224; un spectacle &#224; venir, &#224; quelque chose qui ne se pr&#233;ciserait que peu &#224; peu. D'o&#249; le mot de &#171; sas &#187;, une entr&#233;e en mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perturbation, la num&#233;ro deux, on classe, on trie. &lt;br class='autobr' /&gt;
On marche et le sol fait obstacle, comme quelque chose qu'on pousse en avan&#231;ant, qui se redresse et sur lequel on bute, on se baisse et on touche du bout du doigt ce qu'il semble &#234;tre une feuille de papier &#224; vergeures et fils de cha&#238;ne, tressage du verg&#233; qu'on reconna&#238;t sous la main. On la rabat du talon sur le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On marche sur du papier, on suppose qu'il s'agit d'un livre, au relief, d'un livre ouvert, un volume qui couvre l'enti&#232;ret&#233; de l'espace, qu'on &#233;craserait comme on le fait d'un livre trop &#233;pais dont on veut casser la tranche, on est en &#233;quilibre pr&#233;caire. Presqu'une incapacit&#233; &#224; se tenir debout. On &#233;tend les bras, de crainte de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous entrez dans une zone de perturbation sensorielle &#187;, pourquoi cette r&#233;p&#233;tition, on est entr&#233; depuis un moment d&#233;j&#224;, l'effet d&#233;stabilisateur compte plusieurs &#233;tapes d&#233;j&#224;, la voix voudrait convaincre que le corps l&#226;che, que le temps reboute sans cesse, mais on s'est habitu&#233; au trouble. Et l'architecture mentale s'&#233;chafaude, construisant la chronologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui perturbe, c'est que &#231;a fatigue, &#231;a, tout r&#233;inventer, les mots pour penser ce qui ne se donne plus, les &#233;vidences &#224; reconqu&#233;rir, devoir se rem&#233;morer les sensations et les nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'accrochait encore au son.&lt;br class='autobr' /&gt;
La voix rauque, la phrase &#171; vous &#234;tes ici&#8230;, etc &#187;, tout &#224; coup inaudible, &#231;a creuse outre-tombe, on pense &#224; un de ces effets du &#171; vocal fry &#187;, le larynx se d&#233;lite sur la fin, la corde grince, mais c'est plus grave, la perturbation atteint &#224; pr&#233;sent toute la phrase, le sens des mots, per&#8230;ba&#8230;, les mots &#233;gorg&#233;s, d&#233;gorg&#233;s aussi, se perdant jusqu'au silence. Ce silence qui gr&#233;sille &#224; la fa&#231;on morne d'une mire dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reste immobile, abandonn&#233;e, r&#233;duite &#224; ce &#171; on &#187; quelconque, pas d'intention particuli&#232;re. On est dans le sas, le lieu d'avant, mais d'avant quoi.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans le feuilleton &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://annesavelli.fr/marilyn-everywhere/article/vf-en-serie-deuxieme-bonus-vos-sas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Volte-Face&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; d'Anne Savelli, une place pour des textes amis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Point de d&#233;part du texte, une &#339;uvre d'Ann Veronica Janssens, brouillard, vue &#224; la Galerie Air de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#233;crit sur la route</title>
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		<dc:date>2020-03-18T00:32:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>christine simon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;cette femme sur la route&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://christinesimon.fr/spip.php?rubrique91" rel="directory"&gt;feuilleton volte-face d'anne savelli&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1666 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://christinesimon.fr/IMG/jpg/img_7544.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://christinesimon.fr/IMG/jpg/img_7544.jpg?1584491245' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette femme sur la route n'arpente pas en pi&#233;tonne le bitume de Harlem, cette femme sur la route ne traverse pas sur une pochette de disque le passage z&#233;br&#233; d'Abbey Road, cette femme sur la route ne s'&#233;lance pas seule dans le ravin de Grand Canyon, cette femme sur le bas-c&#244;t&#233; de la route n'exhibe pas ses muscles en changeant sa roue, cric pos&#233;, coffre ouvert, cette femme sur la route n'est pas, tendant le pouce, l'autostoppeuse sac au dos au service d'un fantasme, cette femme sur la route n'a rien d'une vagabonde poussant son chariot charg&#233; du n&#233;cessaire, cette femme ne hante pas, nuit tomb&#233;e, la route de la for&#234;t en spectre de dame blanche, cette femme sur la route n'est pas une petite fille, arrach&#233;e &#224; l'asphalte dans un crissement de freins, cette femme en Turquie ne parcourt pas les routes dans sa robe de mari&#233;e jusqu'&#224; J&#233;rusalem, Pippa Bacca paix &#224; toi, cette femme sur la route ne chante pas l'air du Casta Diva de Bellini, cette femme sur la route n'est pas la Callas, cette femme sur la route ne danse pas un twist effr&#233;n&#233; sur l'air d'un jukebox du coffee shop voisin, cette femme sur la route ni &#224; genou, ni &#224; plat dos, ni en position de f&#339;tus, aimerait incarner l'image d'une &#233;motion, cette femme sur la route, accroupie, coup&#233;e du monde, &#233;crit dans un carnet les figures de femmes, rencontr&#233;es sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Dans le feuilleton &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://annesavelli.fr/marilyn-everywhere/article/vf-en-serie-cinquieme-bonus-sur-la-route?fbclid=IwAR3Wh72KapBTXA0ZivEG0kNZsH-hUyoooS_g7PQi7bkRi1SbiAflVjI9WwE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Volte-Face&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; d'Anne Savelli, une place pour des textes amis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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