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comment en parler

1

Ce jour où nous étions trois, debout, appuyés à la grande table, la tête baissée, juste après les mots, leur trébuchement, l’aveu, la raucité de la voix, la lèvre d’amertume, et cette odeur de sel, d’haleine honteuse, dans la montée d’un souffle brûlant, j’ai pardonné.

2

Chut.

3

Il a essayé d’en parler. Juste avant mon déménagement. J’habite ce chemin dans les vergers, qui débouche sur le Palacio d’Abraxas. Les choses auraient alors pu s’aligner, comme ce Théâtre en forme d’arche, dans l’axe de l’Arc du Carrousel, de l’Arc de Triomphe, bien avant l’Arche de la Défense. Ce dernier pas tout à fait en face, construit avec une rotation de quelques degrés, pour sécuriser les fondations. Une nappe phréatique mal placée, je crois. Il me tend gêné un Journal Officiel sur les changements de noms, qui date du début de la deuxième guerre mondiale, qu’il ouvre à la page d’un Monsieur Lévy. Je souris sans bien comprendre ce qu’il veut dire. Est-ce que ça aurait changé quelque chose qu’il le dise. Et si je n’avais pas souri, est-ce qu’il l’aurait dit.

4

S’appeler. Comment tu t’appelles ? Le Nom est d’abord ce par quoi l’autre nous appelle. Avant de s’écrire, il passe par la parole. Alors pourquoi cette forme réflexive : je m’appelle. Comme une confidence à soi-même, d’abord je m’appelle, puis ce sera ton tour de m’appeler. Je m’appelle Simon. Les syllabes sont éteintes, ça ne sonne pas vraiment, ça ressemble davantage au début d’une réflexion, un aparte. Si...mon. Simon Cussonet, Taurel, Eure. Petite Simonus. En voiture, Simone. Mon nom ne laissait pas les autres indifférents. Cime on. Scie mont. Sis mon.

5

Ce que ça n’est pas. Un récit de la seconde guerre mondiale. Une histoire de judaïté. Une affaire d’infidélité. Je m’en fais une montagne, ce n’est peut-être pas grand chose. Mais c’est de ne pas savoir l’évoquer que naît cet impossible oubli. Je ne sais même pas dans quelle catégorie classer ça. C’est que ça ne s’approche pas aisément.

6

Cet exact moment où tu marches sur l’écume des vagues, à l’équilibre tu sens l’instable, ce que tu vis avec lui te semble différent, pas un « déjà vu », plutôt l’impression qu’un passé inconnu surgit, seulement reconnaissable au tressaillement que quelque chose d’autre, mais quoi, est venu frôler la réalité.

7

Comment en parler. Ce EN, est-ce un personnage, mais j’aurais dit Comment parler de lui. Est-ce un événement, le thème du roman ? Si c’était si simple, j’aurais précisé la nature du EN. Mais en fait je n’en sais rien. Ce EN est quelque chose qui vient s’immiscer entre le Comment et le Parler. Un embrayeur comme j’aime à les utiliser, une sorte de courroie d’entraînement qui va donner le rythme, parce que justement, c’est un objet/sujet à poursuivre, que j’imagine comme une coda, aller jusqu’à la coda, ce serait ça le EN, une sorte d’aimant à partition, une quête musicale dont j’ignore même si elle en vaut le coup, mais n’est-ce pas ça l’écriture, avancer, augmenter.

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