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proust et ses personnages

Aurais dû l’entendre dans le texte, depuis mes lectures autour de Proust, notamment celles de F. Bon, mais, si j’avais compris l’histoire des tenseurs de récit pour les paysages, c’est-à-dire cette capacité à créer des sortes de génériques de paysage, telle vue de Combray étant prolongée dans telle autre, je n’avais pas saisi ce travail s’agissant des personnages, je me collais à leur description, leurs faits et gestes, les interprétant au premier degré, d’où ce désarçonnement quand ils changeaient de posture, impression d’un cynisme de Proust ou d’une négligence de sa part, ne respectant rien.

Et ce soir, ce qui m’apparaît, c’est qu’il traite ses personnages de la même façon qu’il traite les paysages, j’avais beau l’avoir lu, je ne l’avais pas intériorisé, ma lecture quotidienne de Proust que je vous livre ici me la révèle, comme Proust le fait, une sorte de confession du narrateur.

Ce ne fut pas sans un léger choc au cœur qu’à la première page de la liste des étrangers, j’aperçus les mots « Simonet et famille ». J’avais en moi de vieilles rêveries qui dataient de mon enfance et où toute la tendresse qui était dans mon cœur mais qui, éprouvée par lui, ne s’en distinguait pas, m’était apportée par un être aussi différent que possible de moi.

Cet être, une fois de plus, je le fabriquais, en utilisant pour cela le nom de Simonet et le souvenir de l’harmonie qui régnait entre les jeunes corps que j’avais vus se déployer sur la plage en une procession sportive digne de l’antique et de Giotto.

Je ne savais pas laquelle de ces jeunes filles était Mlle Simonet, si aucune d’elles s’appelait ainsi, mais je savais que j’étais aimé de Mlle Simonet et que j’allais grâce à Saint-Loup essayer de la connaître.

C’est tout le travail de Proust sur les personnages qui se déclare page 629 de mon édition Quarto. Le personnage est une fiction dans la fiction chez Proust, ils sont mis comme en placage d’une image, d’une rêverie, ils peuvent donc être miroitants et changeants.

Comme s’il y avait tentative par Proust de visualiser sa rêverie au travers de ces personnages fantasmés qu’il crée. Et quand on s’appelle Simon, ça fait quelque chose.

écrit ou proposé par Christine Simon
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne le 20 janvier 2014 et dernière modification le lundi 20 janvier 2014
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