Café, café, café,
le temps qui passe, là, à cette table,
qu’a fait le temps qui passe sur toi ?
Que lui as-tu laissé de ta peau ?
Qu’ont fait tous ces cafés pris au zinc,
ces jours d’attente,
ces minutes de conversation,
où se frottaient de peau à peau nos envies d’heures passées ensemble.
Café, café, café,
Ce qu’on porte d’années
Et combien de ces tasses, de l’amer, du sucré,
Un condensé du sens dans la petite liqueur,
Et la douleur aussi, qu’on doit bien traverser.
Dans le grand compte de poésie,
combien de lignes, combien de phrases,
à dire le temps qui passe sur ta peau,
qui compte les lignes de ta main,
les rides de ton front,
toutes ces vies successives.
Café, café, café,
et quand la tête se relève,
le plissement de tes yeux,
la chaleur dans mes veines,
un brouhaha, des rires,
qui respirent au détour d’échevelés silences.
Qu’a fait, qu’a fait, qu’a fait
Qu’a fait le temps qui passe sur nos peaux,
de tous ces grains de poésie,
qui glissent dans la paume de ta main,
transmutation de l’eau en or,
un fleuve obscur, une énergie.
Écrit pour La Voisine
Le site de La Voisine est visible ici
Version sonore, accompagnée au météorythme par Manu

Messages
1. café, café, café, 21 mai 2015, 21:23
que j’aime ta couleur qu’a fait
Voir en ligne : Métronomiques
2. café, 23 décembre 2024, 11:55, par Dominique Hasselmann
Je ne m’en souvenais pas, mais même avant d’avoir cliqué sur le lien musical je me disais en lisant que cela aurait pu être mis en musique (ce qu’a fait… et demandé l’inventrice du poème !)…
Très bel ensemble.
:-)
Voir en ligne : Métronomiques
3. café, 26 décembre 2024, 17:29, par Patrick
Vive le Qu’2 fait partagé