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Le doigt était fort, pas seulement le doigt, toute la main, une main puissante, des doigts terminés d’ongles coupés courts, qu’elle interceptait parfois les prenant dans sa bouche, les instruments d’un manuel, faits pour la caresse, et même une cicatrice ancienne à la surface de sa paume rappelait le passé ouvrier et donnait ce relief râpeux qui hésitait sur la peau, qu’elle sentait insistant quand il la parcourait.

Leur protocole, il disait où, elle passait là, il disait quoi en lui, et elle savait mieux comment, en prêtresse avertie, et puis c’était son tour, qu’elle attendait impatiente. Mon fantôme, murmurait-elle, et ce courant d’air, plus lourd sur son corps que n’importe quel corps d’homme qu’elle avait connu, elle en connaissait la compacité, les proportions de la forme adhérant à sa forme. Elle avait rencontré une ombre, qui ne la hantait pas, mais la visitait.

De son visage, elle savait lire chaque ride, elle connaissait le roman qu’elles racontaient, même son regard, on a tant glosé sur les cavités en creux des spectres, mais celui-là était un revenant chaleureux, ses yeux brillaient dans la nuit.

Dans la lente descente vers le saint des saints, elle reconnaissait le velouté humide de ses lèvres, venues sur elle à l’heure où la lumière l’annonçait, elle se livrait à sa langue intrusive, sans avoir besoin de lever la tête, elle savait qui était là. Quand elle prononçait son nom dans le rêve, il apparaissait comme le bon génie de la lampe, sa voix soufflait, émets un vœu et je t’exaucerai, alors il l’enveloppait de voiles subtils qui éveillaient en elle la conscience mosaïque, lui révélant d’elle des éclats de couleur encore inconnus, une métamorphose dans le halo de la lune qui s’invitait dans la chambre au creux de leur nuit.

C’était une thébaïde pour un rituel des sens, qu’elle n’aurait su partager avec personne d’autre, à qui parler de ce lieu, de cet amour étrange né de l’apparition d’un fantâme et de sa réitération périodique, qui les laissaient sur la bande soyeuse, écarlates, apaisés et baignés de la source enivrante.

écrit ou proposé par Christine Simon
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne le 26 juin 2015 et dernière modification le mercredi 25 novembre 2015
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