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c’était un temps où on subventionnait les haies champêtres, où le rotofil thermique avait remplacé les pesticides, des carrés potagers poussaient dans les jardins et la permaculture, il y avait plusieurs théories, certains préféraient les buttes, d’autres les solives en clôture, mais toujours sous la terre, le vieux bois des forêts, la décomposition, on imitait la nature et on ne bêchait plus, on n’arrosait plus non plus, on avait rangé la bouillie bordelaise, les vers de terre étaient les rois du milieu, les larves et les limaces avaient droit de passage, on avait abandonné la plantation en rangs serrés, ainsi déjouait-on leur invasion, on comptait sur les prédateurs, les oiseaux aussi de retour, même les taupes étaient les bienvenues, les excavatrices, on les maintenait à distance par des euphorbes ici ou là, on s’était mis à aimer les mauvaises herbes, il n’y avait plus que vivaces et graminées, celles qui s’imposaient, celles qu’on plantait, tout cela faisait bon ménage et le jardin planétaire était en mouvement, la bartsch apportait ses insectes, le buddleia ses papillons, certains résistaient encore mais de moins en moins, on avait inventé les vergers-potagers, moutons à la tonte, poules en goguette et gorets en plein air, les maisons aussi changeaient, on y avait organisé le grand tri, pas moins de cinq containers pour refuser l’entropie, on récupérait, on réutilisait, on recyclait, on grattait les ciments qui rongeaient les pierres de tuffeau pour des crépis naturels, on protégeait les façades de revêtements isolants, on parlait de passiv Haus, et tout était dans l’épaisseur, les plus audacieux installaient des capteurs solaires sur les toits, d’autres préféraient les pompes à chaleur, on entrait dans le cercle vertueux, dans les supérettes de village, plus de sacs en plastique, on apportait son cabas, on achetait les poissons le mardi et mangeait les légumes en saison et toute la vie changeait, dans les villages naissaient des boîtes à lire, et tout le monde le disait, on lisait, on voulait recréer l’Eden et on était en bonne voie, juste la connexion internet en place de la télévision, on avait le temps pour écrire

écrit ou proposé par Christine Simon
BY-NC-SA (site sous licence Creative Commons BY-NC-SA)
première mise en ligne le 16 octobre 2016 et dernière modification le lundi 17 octobre 2016
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